Cicatrisation en première intention
Elle concerne les plaies chirurgicales ou les plaies traumatiques suturées chirurgicalement.
La première phase de la cicatrisation est la reconstitution de la continuité cutanée qui correspond à la période pendant laquelle le chirurgien laisse en place les points de suture.
Les fils sont enlevés après une période de 5 jours à 15 jours. La durée de cette période dépend de la localisation, de l'épaisseur cutanée et de la tension que subissent les berges.
Après ablation des fils, la cicatrisation n'est pas terminée car on observe un phénomène inflammatoire qui peut durer jusqu'à deux mois. A partir du deuxième voire du troisième mois, la cicatrice doit progressivement diminuer sans disparaître complètement.
Cicatrisation en seconde intention ou cicatrisation dirigée
Première étape : DETERSION
La détersion de la plaie va permettre l'élimination de tous les tissus nécrosés.
Il existe une détersion naturelle grâce aux macrophages mais il est souvent nécessaire d'y ajouter une détersion de type mécanique dès lors que persistent des fragments de tissus dévitalisés (nécrose humide ou nécrose sèche).
Le soignant enlève tous les déchets à l'aide de pinces, compresses ou curettes.
La détersion est une étape obligatoire sans laquelle la cicatrisation ne pourra pas s'enclencher.
Le risque infectieux est majeur à la plaie initiale lorsque les tissus dévitalisés sont présents dans la plaie. La détersion doit permettre d’éliminer rapidement la nécrose et la fibrine.
Il existe 3 types de détersion :
- La détersion chirurgicale
Elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale.
Elle permet d'éliminer un maximum de tissus dévitalisés en un seul temps.
Elle sera réalisée à l'aide de pinces, ciseaux et au bistouri.
- La détersion enzymatique ou naturelle
Elle estobtenue par l'action des enzymes protéolytiques sécrétées par les macrophages ou par certaines bactéries qui colonisent la plaie.
- La détersion à l'aide de moyens thérapeutiques externes
Grâce à certains types de pansements : alginates (nécrose humide), hydrogels (nécrose sèche), larvothérapie (asticots) et la Thérapie par Pression Négative (TPN).
Deuxième étape : BOURGEONNEMENT ou GRANULATION
Une fois les tissus dévitalisés éliminés et le processus pathologique maîtrisé, la néo-vascularisation permet au tissu cicatriciel proprement dit de remplir progressivement le volume de la plaie.
Ce nouveau tissu prend l'aspect d'un tissu de granulation fait d'une multitude de bourgeons conjonctifs ou bourgeons charnus.
Chaque bourgeon charnu est un élément contenant des fibroblastes et les protéines fibrillaires nouvellement synthétisées : collagène et élastine.
Le bourgeon s'arrête de combler le volume de la perte de substance cutanée dès l'intégrité de celle-ci reconstituée mais il arrive parfois qu'il le dépasse. Cet hyperbourgeonnement doit être réduit pour ne pas gêner la phase suivante qu'est l'épidermisation.
Troisième étape : EPIDERMISATION
Dès que le bourgeonnement a totalement comblé la perte de substance dermique, l'épidermisation terminale ou dernière phase du processus cicatriciel peut démarrer.
L'épidermisation s'effectue de berge à berge.
Marginalement, les cellules basales glissent à la surface des bourgeons par multiplication et génèrent en superficie d'abord un néo-épiderme.
Le renforcement en épaisseur de ce nouvel épiderme ou phase de consolidation achève le processus de cicatrisation.
