Les bactéries sont inévitablement présentes dans les plaies, il s'agit d'une colonisation naturelle.
Selon la quantité de bactéries et la réponse de l'organisme, la distinction se fait entre colonisation, infection locale et infection.
Colonisation et infection locale
Qu'est-ce qu'une colonisation et une infection locale ?
La colonisation est la présence d'une certaine quantité de bactéries au sein de la plaie sans que celle-ci entraîne une réponse inflammatoire. La colonisation des plaies aiguës est majoritairement formée par les streptocoques et staphylocoques déjà présents sur la peau saine.
La population bactérienne dans les plaies chroniques est beaucoup plus variée.
Il s'agit de bactéries commensales de la peau telles que Staphylococcus sp (S.aureus,staphylocoques à coagulase négative), corynebactéries, streptocoques α-hémolytiques.
Après la multiplication des germes sur la plaie, leur adhérence aux cellules épithéliales, un équilibre s'instaure entre le patient et sa flore microbienne.
Les germes restent à la surface de la plaie et y adhèrent pour former un biofilm.
Sur le plan quantitatif, la colonisation est caractérisée par une quantité de germes inférieure à 105 bactéries/mm3. Si la quantité de bactéries dépasse ce chiffre, certains évoquent la colonisation critique, puis l'infection superficielle strictement locale en présence d'une colonisation bactérienne importante. Cette présence importante de bactéries nuit au bon déroulement du processus cicatriciel et induit un retard de cicatrisation.
Cependant, contrairement à la plaie aiguë où il existe une relation directe entre le nombre de germes présents au sein de la plaie et le risque de développer une infection, il en est différemment pour la plaie chronique, capable de tolérer un nombre très important de germes sans passer à l'étape de l'infection vraie.
Cette approche a toutefois l'intérêt de mettre l'accent sur l'implication négative d'une charge bactérienne importante en tant que facteur de retard de cicatrisation, en dehors de toute évolution vers l'infection avérée.
Aussi, une charge bactérienne importante au sein d'une plaie chronique se traduit par un cortège de signes locaux propres à la colonisation de surface et à la réaction inflammatoire de défense de l'organisme : exsudat abondant et épais, volontiers nauséabond et coloré en fonction du germe, érythème péri-lésionnel avec douleur spontanée et réaction oedémateuse.
Ces signes inflammatoires strictement locaux, sans signes généraux, traduisent la colonisation importante, cliniquement assimilable à une infection locale de la plaie.
Infection vraie
Qu’est-ce qu’une infection vraie ?
A l'inverse, on parlera d’infection quand la présence des germes entraîne une réponse inflammatoire locorégionale et l'apparition de signes généraux avec des signes cliniques qui traduisent l'invasion tissulaire par les germes présents :
- Grande quantité des germes présents
- Virulence bactérienne
- Diminution des mécanismes de défenses immunitaires du patient
Les signes cliniques locaux ou généraux seront très significatifs :
- Inflammation locale extensive
- Aggravation locale
- Odeur et pus franc
- Signes généraux : fièvre et syndrome inflammatoire
Quels sont les germes impliqués dans l'infection ?
Il est d'usage, pour décrire les germes, d'utiliser une technique de coloration qui repose sur les caractéristiques membranaires et sur la paroi de la bactérie. La coloration de Gram est un facteur déterminant dans la taxinomie (classification) bactérienne. Les bactéries à Gram positif apparaissent alors mauves et les Gram négatif roses au microscope.
Les germes les plus fréquents de la famille des GRAM + sont :
- Staphylococcus aureus
- Streptococcus pyogenes
- Enterococcus faecalis
Les germes les plus fréquents de la famille des GRAM - sont :
- Enterobactéries
- Pseudomonas aeruginosa
Le Candida albicans (levure) est un agent infectieux à part dont la présence dans la plaie est moins fréquente.
Conséquences de l'infection
L'infection est caractérisée par les signes cliniques loco-régionaux et généraux.
Celle-ci peut conduire à l'extension de la plaie avec exposition de structures anatomiques sous-jacentes comme ligaments ou os. Sur le plan général, on note une fièvre, de la fatigue, une lymphangite régionale et des perturbations de bilans biologiques (Vitesse de Sédimentation et Protéine C-Reactive).
Dans le pied diabétique, il faut s'assurer que l'infection ne s'étend pas aux tissus cello-adipeux, aux fascias (cellulite, fasciite) et à l'os où l'examen radiologique ou IRM sont nécessaires.
La colonisation bactérienne ne demande pas de démarches thérapeutiques particulières tandis qu'une infection exige la mise en place de traitements antibactériens locaux et généraux.
Importance de l'argent
Depuis ces dernières années, les ions Argent sont incorporés dans les pansements modernes et bénéficient d'évaluations correspondantes aux standards contemporains de traitements des plaies chroniques.
L'ion Argent possède en effet un large spectre d'action qui englobe la quasi-totalité des germes impliqués dans la colonisation des plaies chroniques ; l'argent est bactéricide avec un mécanisme d'action qui minimise le risque de sélection de mutants résistants. Enfin, l'ion Argent est dépourvu de cytotoxicité préjudiciable au processus cicatriciel.
| MODE D'ACTION DES IONS ANTIBACTERIENS Ag+
Les ions Ag+ ont une action bactéricide sur un grand nombre de souches et ont des effets complémentaires sur le métabolisme des bactéries :
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EFFETS SECONDAIRES ARGENT
Argyrisme
Local = hyperpigmentation
Liée à une quantité importante d'Argent absorbée par voie percutanée à l'occasion de traitement très prolongé à doses très importantes (crème chez le grand brûlé). L'hyperpigmentation est due à un dépôt d'Argent généralement caractérisé par une coloration gris-ardoise de la peau.
Systémique
L'effet systémique est rare à l'occasion de passage systémique mais on peut noter un cas de passage systémique important : un argyrisme (grands brûlés, nourrissons)
RESISTANCES A L'Ag+
On ne connaît pas à ce jour de résistances documentées aux ions argent.
Il faut remarquer plusieurs caractéristiques de l'ion Ag+ qui rendent difficile l'émergence de souches résistantes :
- - L'action 100 % bactéricide de l'ion Ag+ à dose thérapeutique.
- - Les nombreuses cibles d'action sur la bactérie.
