Loi de Laplace : pressions théoriques
Le dosage de la pression ponctuelle statique exercée sur la jambe par un système compressif peut être globalement estimée par la loi de Laplace :
|
|
P : pression d’interface
(mm Hg ou en hPa) T/W : force de tension (N ) par unité de largeur R: rayon de la jambe (m) α : coefficient de proportionnalité |
Dans la pratique, le rayon de la jambe n’est pas un paramètre accessible : on utilise donc la circonférence. De plus, il faut tenir compte du mode de pose des bandes ce qui donne au final l’équation suivante :
|
|
Dans cette équation : P : pression d’interface sous bandage (en mmHg ou en hPa) est aussi la force de compression T : tension de la bande (en Kgf), dépend du type de matériau et de son % d’étirement N : nombre de couches (défini par le taux de recouvrement et le nombre de bandes) C : circonférence de la cheville (en cm) W : largueur de la bande (en cm) |
P est le pression ponctuelle statique exercée en un point donné par un tissu compressif. Cette pression ponctuelle statique est fonction :
- des caractéristiques techniques intrinsèques de la bande
- de son mode de pose
- du patient (circonférence au point de mesure)
Relation entre loi de Laplace et pressions in vivo
La variation des différents paramètres cités précédemment interviennant dans la loi de Laplace, modifie la pression appliquée sur la jambe et donc peut altérer l’efficacité de la compression :
Influence de la circonférence de la jambe.
Indépendamment des autres facteurs, plus la circonférence de la jambe augmente, plus la pression d’interface est faible. Il est donc essentiel de tenir compte de ce paramètre et donc des variations individuelles et interindividuelles.
Influence de la tension de la bande.
La pression sur la jambe sera d’autant plus grande que l’étirement de la bande augmentera.
Variation du nombre de couches
Une bande posée avec des figures en 8 et recouvrement à 50 % appliquera l’équivalent de 4 couches alors qu’une bande posée en spirale avec 50 % de recouvrement appliquera l’équivalent de 2 couches, soit une pression 2 fois plus élevée dans le premier cas. Le mode de pose des bandes doit donc être impérativement défini, car il détermine la pression appliquée sur la jambe.
La variation des différents paramètres qui interviennent dans la loi de Laplace modifie donc la force de compression appliquée sur la jambe du patient.
La loi de Laplace montre donc l’importance :
- Pour les fabricants de définir un mode de pose précis de leurs bandes ou systèmes de compression.
- Et pour l’opérateur de s’entraîner afin de maîtriser parfaitement ce mode de pose
L’objectif étant de limiter au mieux l’effet opérateur-dépendant en limitant les risques de sous ou sur pressions aux conséquences parfois dramatiques.
Important : La loi de Laplace évalue théoriquement une pression ponctuelle statique, il ne faut pas oublier l’influence de la mobilité du patient sur les pressions en dynamique. (se reporter au chapitre sur la classification des types de bandes)
Diversités morphologiques et anatomiques des patients
La pression permettant le retour veineux doit normalement être dégressive de la cheville vers la cuisse
En l’absence de toute compression, ce gradient dégressif est assuré par la morphologie des membres inférieurs qui habituellement en forme de cône tronqué : c’est à dire que le diamètre augmente de la cheville jusqu’au genou ou la cuisse. L’application d’une compression doit donc respecter ce gradient dégressif.
D’après la loi de Laplace, sur les saillies osseuses telles que le tendon d’Achille ou la crête tibiale, les pressions exercées seront plus fortes que celles sur des aplats ou des zones creuses comme la région rétro-malléolaire car le rayon de courbure de ces zones saillantes est bien plus petit que celui du membre.
Pour assurer une compression sure et efficace, il faut redonner à la jambe une forme tronconique régulière en comblant les creux et en arrondissant les crêtes à l’aide de coussinets, de bandes de ouate ou encore de supports en mousse.
Cette étape est indispensable pour éviter les zones de sur-pression pouvant provoquer jusqu’à l’ischémie locale des tissus et la nécrose.
Il ne faut cependant pas oublier que trop de rembourrage sur le membre pour lui donner un forme cylindrique augmente le taille du membre et par conséquent réduit la compression exercée sur la jambe.
De manière moins fréquente, certains patients porteurs d’un système de compression peuvent présenter des morphologies de jambe atypiques : jambe en poteau, musculature fortement atrophiée sur une zone du membre… Il s’agit plutôt de personnes âgées, dénutries et présentant un ulcère et/ou des troubles trophiques sévères.
Chez ces patients, il est donc important de rétablir une morphologie de jambe normale avant de poser le système compressif afin d’appliquer une pression homogène et qui respecte un gradient dégressif de pression.
Ainsi il est classique de jouer sur la largueur des bandes pour rétablir la dégressivité des pressions. Pour exemple on peut utiliser des bandes de 8 cm au pied, puis 10 cm de la cheville au genou et enfin 12 cm du genou à la cuisse, pour rétablir une morphologie de jambe normale.
