Le dysfonctionnement du système veineux peut être d’origine primaire (dans près de 90% des cas) ou secondaire (environ 10 % des cas d’IVC).
La maladie veineuse chronique est une pathologie extrêment fréquente dans nos pays puisque l’on estime que 30 % de la population est atteinte à des degrés divers avec un rapport de 2 femmes pour un homme tout âge confondu.
On parle d’origine primaire lorsque le dysfonctionnement n’est pas consécutif à une autre pathologie.
De nos jours, l’origine de ce dysfonctionnement est encore méconnue, cependant, nous sommes en mesure de cibler les facteurs déterminant une population à risque. (Le Docteur Jean-Patrick Benigni Angio-Phlébologue, Paris et Secrétaire Général de la Société savante Française de Phlébologie nous en dit plus …).
La Maladie Veineuse Chronique (MVC) Docteur Jean Patrick Benigni Angio-Phébologue et Secrétaire général de la Société savante Française de Phlébologie, Paris.
Le terme de Maladie Veineuse Chronique primitive (MVC) recouvre toutes les manifestations évoluant sur le mode chronique en rapport avec des atteintes des valvules ou de la paroi veineuse sans cause identifiée. Différentes études épidémiologiques ont permis d’identifier les facteurs de risque de la maladie veineuse chronique primitive. Certains facteurs de risque sont indiscutables, d’autres sont plus hypothétiques :
A contrario, on emploie le terme d’origine secondaire lorsque la MVC (Maladie Veineuse Chronique) est consécutive à une autre pathologie.
Il s’agit principalement des thromboses veineuses profondes (TVP). On parle alors de maladie ou syndrome post-thrombotique (ou post-phlébitique dans le langage courant).
Maladie Veineuse Chronique d'origine secondaire : Thromboses veineuses profondesDocteur Jean-Patrick Benigni, Angio-Phlébologue, Secrétaire général de la Société savante Française de Phlébologie, Paris
La thrombose veineuse profonde provoque une obstruction du réseau veineux profond.
A court terme, le flux veineux se reporte alors sur le réseau superficiel d’où, dans certains cas, la dilatation des veines superficielles et un gonflement du membre.
Sous traitement ou spontanément, une partie des veines obstruées va se déboucher. Cette destruction du caillot va entraîner une destruction des valvules profondes touchées.
A moyen terme, l’absence de valvules continentes provoque une hyper-pression dans ces veines car la colonne de sang ne va plus être « retenue » par les valvules. Le poids de la colonne sanguine sera alors supporté par la veine située la plus bas. Le sang ne remontant plus vers le cœur, il y aura donc un reflux du sang vers la veine la plus déclive en périphérie.
Au point le plus déclive de la veine « débouchée », la pression sera donc très importante. Cette hyper-pression va alors se transmettre au réseau superficiel. Le réseau superficiel, qui était fonctionnel, va se détériorer sous l’effet de cette surcharge excessive avec pour effet une dilatation des veines superficielles et une incompétence des valvules de ces veines superficielles.
Le sang veineux reflue donc alors des veines profondes « débouchées » après la phlébite vers les veines superficielles à travers des veines perforantes. Elles sont appelées perforantes car elles passent à travers les gaines entourant les muscles (les aponévroses).
Sans prise en charge adaptée, petit à petit, les signes d’une MVC vont s’installer.
Il faut savoir en fait que l’évolution d’une thrombose se fait de deux manières :
- vers la dissolution plus ou moins rapide du caillot ou thrombus,
- ou vers la persistance d’une obstruction de la veine malade.
Dans le premier cas, si la veine a perdu beaucoup de valvules lors de la dissolution du caillot, une hyper-pression dans la veine va rapidement apparaître. Le membre va gonfler et secondairement des varices vont apparaître.
Dans le deuxième cas, si l’obstruction touche une grosse veine, le membre va également gonfler car la veine obstruée va constituer un obstacle au retour veineux. Des varices vont également apparaître secondairement si la veine ne se débouche pas. Cette deuxième situation est de nos jours moins fréquente grâce à l’efficacité des traitements anticoagulants.
